BAMAKO LE 22 MAI 2021

CONFÉRENCE DE BAMAKO SUR « LA PROBLÉMATIQUE DE L'ESCLAVAGISTE AU MALI : LE CAS DU MILIEU SONINKÉ, ENJEUX ET RÉSOLUTIONS.

DISCOURS DE Me SAID LARIFOU, PRÉSIDENT DE WARABA AFRIQUE, REPRESENTANT DE LA COORDINATION DES ORGANISATIONS AFRICAINES DE LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE ET SES SÉQUELLES.

Honorables assistants et invités en vos grades et qualités, Salam anlaikoum,

Les organisations africaines de lutte contre l’esclavage et ses séquelles m'ont fait l'honneur en me désignant pour venir vous exprimer leur solidarité et leur fraternité en raison des souffrances endurées aux victimes de l’esclavage notamment des femmes et enfants, nombreux dans cette salle de conférence, pour témoigner l'horreur et l’atrocité. Des siècles après l’abolition officielle de l’esclavage et notamment de la traite des êtres humains, il est humainement insoutenable et intolérable de constater que l’humanité n'a pas tiré toutes les leçons des conséquences humaines, sociales et économiques des atrocités de l'homme contre l’humanité.

Des chiffres donnés par des études extrêmement sérieuses et crédibles effectuées par des scientifiques, experts de renom, évoquent 22 Millions d'Africains sont réduits en état d’esclavage, ont été arrachés au continent noir entre 1500 et 1880 et que 200 millions de personnes sont mortes de l’esclavage. Ces chiffres sont confirmés par des historiens, arguments à l'appui

Malgré le caractère odieux, de l'atrocité de ces crimes contre l’humanité, dans certains coins du monde, plusieurs siècles après, des êtres continuent à nier la dignité humaine en perpétuant ces pratiques indignes de nous.

Oui , elles sont indignes de l’humanité et sont l’expression de notre échec , celui de l'homme paradoxalement capable des inventions technologiques extraordinaires , des études sur les sciences humaines, sociales et cruellement incapable de rapprocher des cœurs des êtres humains et construire un monde plus solidaire et fraternel où le principe universel selon lequel « nous sommes tous nés égaux « et de faire de la dignité humaine une valeur sacrée et inaliénable

Aucune civilisation, aucune culture ni idéologie ou religion ne peut être évoquée pour justifier ou légitimer l’horreur , l’atrocité et la cruauté des souffrances infligées à des populations Africaines en Afrique par des catégories sociales s’estimant, à tort , supérieures.

Selon les Nations Unies, dans son rapport publié en 2016, plus de 40.000.000 millions de personnes en sont victimes en ce moment dans le monde.

 

C’est un passé cruel et présent dans notre mode pensée et dans nos rapports entre nous. L’esclavage est un sujet sensible. Je l'aborde donc avec nuance, prudence, compassion aux victimes, lucidité car je suis conscient que le combat pour éradiquer ces crimes qui résistent au temps, aux évolutions des sciences et du monde n'est et ne sera pas un fleuve tranquille. Il s'inscrit dans temps et requiert de la détermination, de la conviction sur le droit naturel attaché à tout homme et de l'amour et la fraternité que nous devons manifester pour son prochain.

 

Le paradoxe de l’Afrique. Notre continent a prouve à l’humanité sa capacité à créer, à faire des inventions technologiques et scientifiques ainsi que le prouvent les plus anciennes civilisations qui confirment par exemple que la métallurgie du fer inventée depuis 3850 avant jésus – christ sont l'œuvre des peuples noirs qui malgré cela a passé des siècles douloureux du 15 au 19 ème siècle

Les organisations africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage et ses séquelles estiment que l’esclavage n'est pas une fatalité et sa persistance dans ses nouvelles formes requiert des réponses à la fois préventives et répressives.

 

Dans cette optique, nous saisirons les institutions régionales et internationales des propositions pour demander que l’histoire de l’esclavage, les nouvelles formes d’asservissement humains soient ses conséquences dans les rapports humains soient inscrits dans les programmes scolaires des pays membres de l'Union Africaine. Nous prions pour que les futures générations d’Africains soient plus fraternelles, solidaires et se débarrassent des stigmates et séquelles de ces crimes contre l’humanité.

 

Nous sommes persuadés et convaincus que tout individu, quelles que soit ses origines sociales et géographiques et son environnement culturel dispose en lui une part d’humanité. La prévention de ces crimes et les sciences humaines doivent être orientées pour prévenir les prémices de ce fléau. Il est important pour nous d'inscrire le rejet, la lutte contre l’esclavage dans le paysage culturel et social en Afrique.

Nous savons que l’impunité des crimes est dangereuse car elle instaure une forme de normalité qui provoque d'autres crimes. Ici, comme ailleurs, la diffusion des images des horreurs témoignent d’une forme de banalisation de ces crimes devenus hélas ordinaires alors qu' il s'agit des crimes contre l’humanité. Il nous semble donc important de demander à l'Union Africaine et à d’autres institutions régionales et internationales mobilisées contre ces crimes à nous aider pour obtenir la mise en place d'une juridiction Africaine ayant compétence exclusive pour juger les crimes d’esclavage commis en Afrique.

 

La présence dans cette conférence d’éminents représentants du Barreau Pénal International est une très bonne opportunité pour demander leur contribution dans le combat mené contre l’impunité des crimes d’Etat et crimes contre l’humanité

Je réitère mes remerciements et félicitations aux organisations africaines signataires de la Charte de la Coordination des Organisations de lutte contre l’esclavage et ses séquelles, il s'agit de :

 

L’ONG Panafricaine Waraba Afrique;

A.H.M.E ;

ARMEPES France ;

Kane Afrique ;

A.C.D.E ;

ASSEP Sénégal ;

Ganbana International ;

Ira Mauritanie ;

G5 Sahel ;

MSDH ;

PASSE TROP PRESENT ;

Me Saïd LARIFOU, Président de Waraba Afrique, représentant de la Coordination des Organisations Africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage et ses séquelles.

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Discours du Président de la Commission Nationale des Droits de l'Homme du Mali(C.N.DH)

REPUBLIQUE DU MALI COMMISSION NATIONALE

Un Peuple - Un But - Une Foi DES DROITS DE L’HOMME

Monsieur le Président du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (MSDH),

Monsieur le Président du Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès GAMBANA (R.M.F.P) ;

  1. Le Président de l’Association des Soninkés du Sénégal pour l’Egalité et le Progrès (ASSEP SENEGAL) ;
  2. Le Président de la Coordination des Organisations Africaines de lutte Contre l’esclavage moderne

Mesdames et Messieurs les participants ;

Distingués invités, en vos rang, titre, tout protocole observé.

Mesdames et Messieurs ;

Permettez-moi d’exprimer toute ma gratitude aux initiateurs de cette rencontre sur « La problématique de l’esclavagisme au Mali : Cas du Milieu Soninké Enjeux et Résolutions », un sujet à la fois pertinent et d’actualité. La volonté qui anime les organisateurs constitue un témoignage éloquent, s’il en était besoin, de la souscription de leur combat à notre idéal commun d’un monde de paix, plus juste et respectueux de la dignité humaine.

Distingué(e)s invité(e)s ;

Permettez-moi de vous présenter brièvement la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH). Autorité Administrative Indépendante, la CNDH a été créée par la Loi n° 2016-036 du 07 juillet 2016, la CNDH a pour missions « la protection et la promotion des droits de l’homme ainsi que la prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

Dans le domaine de la protection des droits de l’Homme, la CNDH est chargée entre autres :

- d’entreprendre des enquêtes, notamment sur des questions de violations des droits de l’homme et d’adresser aux autorités concernées des recommandations sur des mesures visant à renforcer la protection et la culture des droits de l’homme ;

- de recommander aux pouvoirs publics toutes mesures tendant à renforcer le respect et l’effectivité des droits de l’homme :

- de veiller au respect des droits des groupes ou personnes vulnérables notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées.

En matière de promotion des droits de l’homme, la CNDH est chargée :

- de mener toute action de sensibilisation, d’information et de communication en vue d’instaurer une culture des droits de l’homme ;

- de promouvoir la recherche, l’éducation et l’enseignement des droits de l’homme dans tous les cycles de formation et dans les milieux socioprofessionnels ;

- de renforcer la capacité d’intervention des associations de défense des droits de l’homme.

- La CNDH est tenue de produire un rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme qui est débattu en plénière à l’Assemblée nationale.

Chers invités ;

La consécration des droits universels et inaliénables inhérents à tous les membres de l’espèce humaine dans le Préambule de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, fondement d’un monde de paix, de justice, d’égalité, est loin d’en assurer une jouissance effective.

Mesdames et Messieurs ;

Depuis un certain moment, notre pays est confronté, sur certaines parties de son territoire, aux manifestations violentes en lien avec le fléau de l’esclavage par ascendance.

Cette pratique digne d’une autre époque, outre qu’elle porte atteinte à la dignité humaine, met en péril la cohésion sociale dans les régions où elle sévit.

En effet, de pratique culturelle peu ou prou acceptée, cette forme d’esclavage est devenue aujourd’hui une source d’abus de droits, de pratiques avilissantes à l’encontre de toute personne s’élevant contre son « statut d’esclave ».

Ces personnes sont l’objet de traitements discriminatoires, inadmissibles attentatoires à leur dignité d’homme libre, notamment sous forme de sévices corporels, de torture psychologique, de mesures vexatoires, humiliantes, d’atteintes à la liberté de circulation, à la liberté de mariage, au droit de propriété, au droit à la santé, au droit à l’éducation, bref à la violation systématique des droits fondamentaux des personnes sous sujétion.

Chers invités ;

Les conséquences de la recrudescence des violences liées à la pratique de l’esclavage dans la Région sont visibles même à Bamako, en témoigne l’arrivée, il y a juste quelques semaines, d’une centaine de personnes victimes, essentiellement des femmes et des enfants.

Mesdames et Messieurs, distingués invités ;

Il nous faut, sans cesse, nous en convaincre et réaffirmer que les droits de l’Homme ne sont pas une œuvre de charité, une faveur que les Etats accordent aux citoyens. Ils sont, tout au contraire, une obligation fondamentale à la charge de l’Etat, principal débiteur, à l’égard de toute personne vivant sur le sol Malien.

Cette exigence légale est d’autant plus vraie que les abus et violations graves des droits de l’Homme que connaît notre pays ne doivent aucunement rester impunies.

Chers participants ;

La lutte contre l’esclavage par ascendance est un combat de longue haleine dans lequel l’éducation, la formation, la sensibilisation des parties prenantes constituent un moyen indispensable et efficace, parallèlement à l’obligation pour l’Etat d’appliquer les instruments juridiques nationaux et internationaux en la matière d’où le rôle déterminant et l'engagement de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme.

Chers participants ;

Je demeure convaincu qu’avec le concours des personnes ressources sollicitées pour cette formation, les échanges que vous aurez durant ces dix jours, vous permettront de mieux appréhender les attentes dans le cadre de cet exercice de renforcement des capacités.

Mesdames, Messieurs, Distingués invités,

Je clos mon propos par cette citation de Nelson MANDELA : « priver les gens de leurs droits fondamentaux revient à contester leur humanité même ».

Pour la CNDH, la protection des droits de l’Homme est une responsabilité partagée.

JE VOUS REMERCIE.

Bamako, le 22 mai 2021

 

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DISCOURS MEMORABLE DU PRÉSIDENT NDJIM BOUBACAR LORS DE LA 1ere Edition de CONFERENCE DE BAMAKO CE SAMEDI 22 MAI 2021.

Mr le Conseiller Spécial de la Cour Constitutionnelle du Mali

Mr le Représentant de la Primature du Mali

Mr le Représentant du Ministre de la justice et des droits de l’Homme, Garde des sceaux ;

Mr le Représentant du Ministre de la Réconciliation Nationale ;

Mr le Représentant du Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile ;

Mr le Représentant du Ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales;

Mr le Représentant du Chef de la délégation de l’Union Européenne au Mali

Le Chef de Division de la Mission des Nations Unis pour la stabilisation du Mali MINUSMA;

Le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Mali CNDH

Les membres du cadre de concertation des Organisations de défenses des Droits de l’homme au Mali

Le Président du Comité d’organisation du Dialogue National Inclusif du Mali

Mr le Coordinateur des Chef de quartiers de Bamako

Le Vice-Président du Barreau Pénal International

Les coordinations du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme.

Les membres du Rassemblement Malien pour le Progrès et la Fraternité

Le Président de la Coordination des Organisations Africaines de lutte contre l’esclavage

Le Président de l’Association Sénégalaise des Soninké pour l’Egalité et le Progrès (ASSEP SENEGAL)

Mr le Représentant de la Coalition Nationale de lutte contre l’esclavage au Mali.

Mr le Secretaire General de l’Association Temedt

Mme la Presidente de l’ONG PROMODEF

Le Représentant du Directeur Scientifique du Laboratoire d’Études et de Recherche en Droit, Décentralisation et Développement Local (LERDDL)

HONORABLES ET DISTINGUES INVITES JE VOUS SOUHAITE LA BIENVENUE.

Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (MSDH) est une organisation indépendante à but non lucratif créée officiellement en janvier 2019.

Le MSDH intervient partout où les droits de l’homme sont bafoués, assure la veille citoyenne et n’hésite pas à prendre position quand il s’agit de restaurer la dignité humaine.

Les objectifs du MSDH sont les suivants :

 Réduire au minimum la violation des droits de l’Homme sur toute l’étendue du territoire Malien ;Ø

Ø Contribuer à la promotion et au respect des droits de l’Homme ;

 Examiner toutes les situations d’atteintes au droit de l’Homme constatées ou portées à notre connaissance ;Ø

 Entreprendre des actions appropriées en la matière auprès des autorités compétentes ;Ø

 Formuler des recommandations sur toutes les questions relatives aux droits de l’homme dans le cadre réglementaire, législatif et judiciaire ;Ø

 Collaborer avec tous les organismes nationaux et internationaux de défense des droits de l’homme ;Ø

 Veuillez avec attention toutes décisions ou actions du gouvernement susceptibles de porter atteinte au respect des droits de l’Homme ;Ø

 Informer et dénoncer tout acte d’injustice en mobilisant l’opinion publique ;Ø

 Mener des activités d’information, de communication, d’éducation et surtout de sensibilisation sur la promotion et le respect des droits de l’homme ;Ø

 Lutter contre l’esclavage sous toutes ses formesØ

 Lutter contre l’excision, les violences domestiques contre femmes et enfants ;Ø

C’est dans ce souci de protection des droits que le (MSDH) Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme et conformément à ses statuts a décidé de signer un partenariat le 21 Avril 2020 avec le (RMFP) Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (GAMBANA) et nous avons estimé qu’il ne peut pas avoir de développement sans égalité et d’épanouissement.

L’association GAMBANA a été créée dans le but de mener une lutte implacable contre la discrimination, les pratiques de l’esclavage, ses séquelles, de faire disparaitre toute forme d’esclavage, promouvoir des thèmes et des œuvres, la paix et le développement en vue de former un bloc pour lutter contre toutes formes de violations des droits de l’homme.

C’est le 05 Mai que nous avons décidé d’organiser une conférence pour soulager les victimes et le thème retenu pour cette première Edition est « La problématique de l’esclavagisme au Mali : Cas du Milieu Soninké Enjeux et Résolutions». Une conférence de ce genre est une première au Mali car elle regroupe toutes les sensibilités de la nation d’où le nom de la CONFERENCE DE BAMAKO

Compte tenu du climat socio-politique de l’année écoulée nous avons décidé de reporter jusqu’à aujourd’hui

Préambule

L’histoire de l’esclavage est celle des différentes formes prises par la condition sociale d’êtres humains privés par d’autres personnes du droit de propriété sur eux-mêmes. Si l’esclavage est mentionné dans les premières civilisations écrites, les conditions de son émergence sont, en l’absence de sources, impossibles à déterminer avec précision. Le statut et la fonction d’esclave ont varié selon les époques et les lieux : les sources et les justifications de l’esclavage, la position et les tâches matérielles conférées aux esclaves ainsi que les conditions de sortie de la condition d’esclave sont autant d’éléments qui confèrent sa spécificité à chaque configuration historique.

Ainsi, l’esclavage est la réduction d’une personne à un état de privation de toute liberté, celle-ci allant de libertés sociales aux libertés les plus fondamentales. L’esclave est exclu de la société tout en étant dans les sociétés esclavagistes un moteur.

Cependant l’esclavage n’a pas totalement disparu dans certaines régions du monde et réapparait sous une autre forme comme celui de la région de Kayes.

Nous Constatons aujourd’hui plus de quarante millions (40 000 000) de personnes dans le monde sont victimes de l’esclavage moderne ou esclavage par ascendance selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU) publié en 2016.

L’esclavage est un sujet tabou et a atteint son paroxysme dans la région de Kayes, dans les localités suivantes

A kayendera, diadjoumé, diangouté camara ; les 3 Lani, Dembagadiaba ; Bagamabougou et tout recenment à teyssibi, pour ne citer que comme dans la plupart des localités soninké dans cette région, la discrimination raciale ou ethnique, l’esclavage, sont des pratiques courantes en ce début de 21eme siècle .Or l’esclavage sous toutes ses formes a été aboli.

Ces populations composées essentiellement de soninké, les hommes de castes, autrement dits les captifs, souffrent à cause de leur rang social. Ils n’ont droit en rien. Pire encore leurs droits sont bafoués à cause de leur classe sociale.

Pire encore, les captifs ont beau étudié, faire des écoles coraniques, ils ne deviennent jamais imam de mosquées. A présent les souffrances continuent, même pendant les fêtes ce sont les captifs qui font office de bouchers pendant que leurs femmes s’occupent du ménage et de la cuisine des épouses de leurs soit disant maîtres.

L’esclavage est une réalité dans la région de Kayes surtout en milieu soninké, l’un des cas le plus frappant de traitement d’esclave est celui du lynchage de 04 militant anti-esclavage à diandioumé dans le cercle de Nioro.

Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme n’est pas surpris de ces crimes indescriptibles car depuis un certain moment, nous avons multiplié les campagnes de communication, d’information et de dénonciation de ses pratiques horribles dans la région de KAYES surtout en milieu soninké aux autorités nationales et organismes internationaux.

Courant Juin 2017 une association du nom du Rassemblement Malien pour la Fraternité et le progrès (RMFP) voit le jour qui veut dire en langue soninké « GAMBANA » : égalité diront que si cette pratique ne cesse pas, ils sont prêts à aller partout pour réclamer leurs droits devant les grandes institutions internationales de défense des droits de l’homme d’où l’organisation de cette conférence débat

Pour bien cerner le rôle de l’esclavage dans l’espace culturel des sociétés soninkés et répondre à la question de savoir s’il demeure encore de nos une telle pratique sociale vivante ou nue simple inertie de l’imaginaire, il est nécessaire de mettre ces sociétés à un éclairage historique dans le cadre général des échanges multisectoriels entre , d’une part les ethnies locales du sahel, et d’autre les cultures arabo-musulmanes et occidentales.

L’esclavagisme, le terrorisme et l’extrémisme ont un point commun c’est l’atteinte à l’intégrité physique d’un individu.

C’est très bien qu’on parle du nord mais pour la région de Kayes toute la communauté internationale doit se mobiliser car des milliers de personnes ont abandonné leur village par peur de ne pas être tués et vivent sans revenu aucun pour subvenir à leurs besoins.

Si ces conflits durent toujours c’est parce que ces actes répréhensibles ne sont pas punis avec la rigueur qu’il faut, des condamnations faibles pour des personnes coupables de coups et blessures volontaires au point qu’elles les encouragent à continuer de perpétrer des crimes.

Dans ces contextes on ne peut qu’indexer l’œil complice des autorités locales et des plus hautes autorités de l’Etat.

Pourtant interdite dans la constitution malienne et toutes les conventions internationales sur les droits humains que le Mali a ratifié cette pratique honteuse continue de faire des ravages dans cette région du Mali. Des chefs de familles ligotés, battus ; humiliés devant leurs épouses et enfants pour seulement avoir refusé les ordres de ceux qui se font appeler « Maîtres »

Toutes personnes qui refusent de se soumettre à cette pratique s’exposent à de grands dangers et tout cela au vu et au su des juges, maires, des députés, des sous-préfets, des préfets et du gouverneur.

Ce problème ne saurait être toléré, ne soyons pas naïfs, des personnes sont violentées tous les jours.

Ce message est adressé au Président de la transition et au vice-président de la transition chargé des questions de sécurité.

La paix tant rêvée passe par l’abolition de l’esclavage sous toutes ses formes car notre constitution stipule que tous les maliens naissent libres et égaux en droit et en dignité.

Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme est consterné, désemparé et surpris de voir dans un pays comme le Mali signataire des traités internationaux et sous régionaux sur les droits fondamentaux de l’homme qui considèrent l’esclavage comme un crime contre l’humanité qu’on a du mal à respecter.

Partout où on est allé les populations victimes fustigent le manque d’équité, le manque d’impartialité ou le manque d’intégrité de l’appareil judiciaire dans la région de Kayes et soutiennent que ces pratiques sont entretenues et soutenues par les hautes autorités de la République du Mali

Le droit de tous les individus de ne pas être soumis à l’esclavage est un droit fondamental de l’homme, or l’absence de procédures adéquates de mise en œuvre n’est pas faite pour encourager les Etats à mettre en place un système de garantie, contre toutes les formes contemporaines d’esclavage.

Cette activité consistera à l’organisation de deux (02) Panels tout à respectant les avis de tout chacun.

Panel 1; Esclavagisme, Chefferie traditionnelle Et Société Malienne : Pourquoi des violences répétées et des actes de discriminations dans la région de Kayes ?

Panel 2 : Quels sont les recours juridiques disponibles pour les victimes de l’esclavage ? Qu’est ce qui explique le blocage de la loi criminalisant cette pratique ?

La conférence de Bamako a pour objectif d’ouvrir le débat sur la problématique de l’esclavage par ascendance et les obstacles auxquelles les organisations sont confrontées dans la lutte contre cette pratique.

  • Informer et sensibiliser l’opinion internationale sur l’existence de la pratique ;
  • Faire le plaidoyer notamment pour l’adoption de la loi contre l’esclavage par ascendance au Mali ;
  • Faire une proposition de loi et le soumettre à l’Etat
  • Mettre les victimes à l’aise en leur offrant une tribune pour raconter les pratiques inhumaines auxquelles elles ont été confrontées ;
  • Sensibiliser les victimes à recourir aux moyens juridiques légaux pour réclamer leurs droits ;
  • Faire des recommandations très fortes pour l’Etat du Mali en vue de mieux cerner toutes les infractions découlant de cette pratique.
  • Mettre en place une commission pour le retour des déplacés dans leurs villages respectifs avec le concours des partenaires techniques et financiers.

En ma qualité de président du comité d’organisation de cette première Edition.

Mes remerciements vont à l’endroit de toutes les personnes de bonne foi qui ont bien voulu faire le déplacement.

Je tiens tout aussi à remercier infiniment toutes les personnes qui ont œuvré pour que cette activité voie le jour en passant des nuits blanches

Etre un meneur d’homme je vous assure que ce n’est pas une tâche facile car vous n’êtes pas à l’abri des frondeurs des erreurs, des délits de favoritismes, des calomnies, des menaces récurrentes, de mensonges grotesques de tous genre et vous possédez souvent une vie de famille déséquilibrée mais en fin de compte vous réaliserez que vous êtes une lueur d’espoir pour une partie de ses communautés qui aspire qu’à la justice.

Je tiens à remercier en particulier les militants de Gambana que je ne trahirais jamais leur idéal que je serais toujours présent et disponible quand il s’agit de dénoncer pour tout acte d’injustice car nul n’est à l’abri des violations des droits de l’homme comme aime si bien dire l’infatigable Mr Aguibou Bouare

Sachez une chose la lutte contre l’esclavage est un combat de longue haleine et que toutes les organisations qui lutte contre ce fléau de s’unir afin de dégager des solutions pérennes.

En fin Je formule le souhait que les pays en demandant à la mouvance GAMBANA Mauritanie, Sénégal, Niger, Gambie, Guinée équatoriale, Guinée Bissau d’organiser de façon récurrente des conférences de genre pour donner une dimension internationale sur la question de l’esclavage.

Une pensée pour notre frere Cheick Oumar Yara injustement incarcéré pour des raisons de convictions personnelles .Nous demande l’abandon des poursuites et sa libération immédiate.

Je souhaite à tout un chacun de prendre du plaisir lors de cette conférence.

 

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